Travailler et allaiter : Oui, mais à quel prix ?

29 - 07 - 2011

Ma Vie de Maman

Nous voici de retour pour le rendez-vous hebdomadaire de Madame Déjantée qui nous propose de philosopher sur des sujets relatifs à la maternité, l’éducation…tout ce qui touche de près ou de loin nos charmants bambins!


 

Cette semaine, je ne change pas de sujet, j’approfondis un peu plus les paradoxes de notre société… Pour celles qui me suivent, vous n’êtes pas sans savoir que je reprends le travail lundi à mon grand désarroi… Et cette reprise est pour moi synonyme de sevrage, car après avoir retourné la question dans tous les sens, je ne vois pas comment m’en sortir en travaillant 12H d’affilées pour tirer suffisamment de lait pour sustenter l’appétit de mon Petinours. J’ai d’abord pensé tirer mon lait sur mon lieu de travail, mais à raison de deux poses réglementaires de 30 minutes, je ne vois pas comment je pourrais arriver à remplir les 3 biberons de 210 ml nécessaire à la croissance de mon marmot. D’autant plus que je ne travaille que 3 ou 4 jours par semaine. Comment faire pour donner un rythme à mon corps si j’allaite un jour, tire le lendemain à des horaires totalement différents. Alors c’est avec déchirement que je me suis résolue à sevrer mon Bébou. Chose pas si simple que ça émotionnellement, car ça marque une fin et quand vous associez ça à la reprise du travail, je ne vous raconte pas la boule à l’estomac depuis une semaine. Ça me fait rager d’être tributaire des dictats de la société qui soit dit en passant prône l’allaitement maternel à corps et à cris, rappelez vous de ma participation la semaine dernière… J’ai beaucoup culpabilisé en prenant cette décision, j’avais la sensation de trahir mon enfant en préférant mon bien être (ne pas souffrir de douloureuses montées laitières sur mon lieu de travail) à celui de ma progéniture. Dans un coin de ma tête persistait le reproche envers moi-même de ne pas avoir au moins essayé de faire perdurer cet allaitement en tirant mon lait. Puis à l’occasion de mon billet précédant, « Un bien triste constat… », j’ai appris par Vaalos quelque chose d’effroyable… Cette heure autorisée par la législation n’est pas offerte, loin de là, elle n’est pas payée… Là, je tombais des nues ! Et j’ai voulu en avoir le cœur net, j’ai fais mes propres recherches et il s’avère que c’est la triste vérité :

Les pauses d’allaitement 

Le temps d’allaitement pendant le travail est prévu par le Code pour tout type d’entreprise et quel que soit l’effectif : « pendant une année à compter du jour de la naissance, les mères allaitant leurs enfants disposent à cet effet d’une heure par jour durant les heures de travail » (art. L. 224-2), « répartie en deux périodes de trente minutes, l’une pendant le travail du matin, l’autre pendant l’après-midi. Le moment où le travail est arrêté pour l’allaitement est déterminé par accord entre les intéressées et leurs employeurs. A défaut d’accord, il est placé au milieu de chaque demi-journée de travail » (art. R. 224-1). 
Rémunérées ou pas ? 

On estime actuellement que « dans le silence des textes » et comme l’a rappelé la réponse ministérielle du 12 avril 1993 à la question écrite d’un député, ces pauses ne sont pas considérées comme du travail effectif, et ne sont donc pas rémunérées. Sauf dans certaines conventions collectives de branche (1). 

Cela dit, les choses devraient changer sur ce point quand la France aura ratifié la convention OIT (voir plus bas), ce qui nous ramènerait d’ailleurs à l’esprit de la loi d’origine. En effet, dans la « proposition de loi relative à la protection de l’allaitement maternel adoptée par la Chambre des députés dans sa séance du 12 juin 1913 », il est dit expressément : « Il est interdit de décompter en aucune façon du montant du salaire journalier l’heure destinée à l’allaitement » (2). Il ne m’a pas été possible de trouver comment cette phrase a ensuite disparu !

 

Source : Site de La Leche League – Allaitement et Maternage

http://www.lllfrance.org/Allaiter-Aujourd-hui/AA-53-Ce-que-dit-la-loi.html

Une fois que j’ai eu intégré cette « nouvelle », ma culpabilité a fondue comme neige au soleil… Une fois de plus, on ne me laisse pas vraiment le choix, je n’ai pas les moyens financier de me permettre une telle régression de salaire. Et quitte à perdre cet argent, je préfère encore prendre un temps partiel et passer ce temps avec mon enfant plutôt qu’avec une trayeuse électrique confinée dans un vestiaire ou les toilettes. Ma question reste finalement la même que la semaine passée : Comment l’État peut-il laisser en suspend ce problème financier de l’heure d’allaitement tout en préconisant pas le biais de campagne publicitaire un allaitement exclusif jusqu’au moins les six mois de l’enfant ?

 

Et vous, parlez-moi de vos expériences sur vos lieux de travail, comment ça se passe? 

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