Allez-y ma p’tite dame…

05 - 07 - 2011

Ma Vie de Femme

… il faut faire l’amour ! Jamais de ma vie je ne pensais avoir ce genre de conversation avec un soignant. J’ai eu cette après-midi ma première consultation avec la sage-femme pour ma rééducation périnéale. La première de 10 !!! Moi qui croyait bêtement en avoir fini des fesses à l’air à tout bout de champ… Il faut reconnaître que pendant 9 mois, notre anatomie relève plus du domaine public que de notre intimité… Je me rappelle avoir dit à l’Ours à mon retour de la maternité : « ça y est, tu redeviens le seul dépositaire de mon intimité et s’en est fini des caressages de ventre à tout va… » Pour les caressages de ventre, je ne m’étais pas trompée, mais pour ce qui est de l’intimité, s’était sans compter sur une déchirure associée à une épisiotomie, merci les forceps…, une délivrance artificielle sous anesthésie générale, une infection vaginale, j’en passe et des meilleurs… Toutes ces « péripéties » m’ont values une consultation par semaine puis tous les quinze jours chez ma gynécologue, avec à chaque fois son lot de culottes baissées et de jambes écartées. Ma dernière consultation a eu lieu mi-juin. Ouf, je respirais enfin la douce odeur de la liberté, ou du moins je le croyais. Comment ai-je pu imaginer que pour entreprendre une rééducation périnéale il n’était pas nécessaire de s’alléger de sa culotte… Bref, tout ça pour exprimer un peu mon ras-le-bol après plus d’un an de déshabillage intégral !!! Le bout du tunnel n’est pas loin : 9 séances avec la sage-femme et une pose de stérilet !

Revenons à nos moutons : La Rééducation.

Plus qu’une séance de rééducation, j’ai le sentiment en sortant du cabinet d’avoir eu une psychothérapie; tout d’abord parce que nous n’avons rien rééduqué du tout et ensuite parce qu’on a beaucoup discuté. D’après cette sage-femme, la rééducation entre dans un processus corporel entier, et pour travailler efficacement il faut que nous soyons toutes les deux en accord sur le but de ces séances et sur l’implication dont je compte faire preuve. Elle a besoin de connaître mon histoire, l’histoire de ma grossesse, de mon accouchement et mes débuts dans ma vie de jeune maman à temps plein. Plus je lui parlais, plus elle m’écoutais et plus je me rendais compte que j’avais refoulé énormément de choses que j’ai préféré oublier plutôt que de les affronter. Cette sage-femme m’a fait prendre conscience que j’avais enfoui sous d’énormes couvertures le souvenir de mon accouchement, enfouissant par là même le plus beau jour de ma vie de maman : celui où j’ai fait la connaissance de bébénours en tant que mon enfant, mon petit garçon ! En effet, l’Ours et moi avions décidé de ne pas connaître le sexe du petitout qui grandissait en moi. D’après elle, je ne pourrais pas guérir de mes cicatrices physiques si je ne fournis pas un travail de réappropriation de ces événements. Mon corps fera un blocage, je ne maigrirai pas; mes vergetures ne cicatriseront pas, Bébou n’acceptera pas facilement les biberons et ma libido restera à zéro…et mon moral ira de mal en pis !!! Triste tableau qu’elle me dépeint là… C’est pourquoi je rédige ce post ce soir. Je veux assumer tout ce qui s’est passé, même si ce que j’ai vécu ne ressemble en rien au jour merveilleux qu’on vous promet dans les livres. J’ai accouché en catastrophe après 4 heures de travail douloureux sans surveillance médicale, avec pour seul soutien mon Ours qui s’est montré très serein et fort dans la chambre n°7 de la maternité. Je n’oublierai jamais la souffrance que j’ai ressenti, la sensation de mourir à chaque nouvelle contraction, l’épuisement et l’impuissance qui s’est emparé de moi quand on m’a dit « poussez, le bébé souffre », la terreur éprouvée quand j’ai compris que j’avais les forceps dans mon « anatomie », la stupeur quand enfin on m’a anoncé une délivrance artificielle… Et je ne vous parle pas des débuts d’allaitement difficile ! Non jamais je ne pourrai oublier tout ça mais ce soir j’ai décidé de ne mettre en avant que le meilleur : Mon bébé est né en bonne santé, il était magnifique et les 30 minutes de peau à peau nous ont permis de faire connaissance tout en tendresse avec une tétée de bienvenue. J’ai vu mon mari pleurer d’amour pour ce petit bonhomme tout neuf dans nos vies, cette expérience a consolidé encore plus notre relation, ce bébé on l’a fait à deux jusqu’au bout ! Elle a vraiment raison cette sage femme, faire le point sur ce jour le plus important de mon existence de femme me fait beaucoup de bien… Alors savoir qu’en plus un des premiers pas vers la rééducation passe par les rapports sexuels qui contribuent à remuscler le périnée, moi je dis que cette première prise de contact est positive… Et rien que pour ça, ça vallait le coup de venir.

Et vous, qu’avez vous pensé de la rééducation périnéale : utile ou futile ?

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